Dossier ENGIE
Comment installer une pompe à chaleur en copropriété
Vous avez un chauffage au fioul ou au gaz vieillissant dans votre copropriété et vous souhaitez passer à un système plus économique et durable ? Voici comment faire pour installer une pompe à chaleur dans votre immeuble.
Résumé de l'article
- Installer une pompe à chaleur (PAC) en copropriété est possible, que ce soit pour un usage individuel ou collectif, mais nécessite de vérifier la faisabilité technique et les règles locales d’urbanisme.
- Les PAC aérothermiques et géothermiques sont les principales options, chacune ayant des contraintes spécifiques, comme l’espace nécessaire pour les unités extérieures ou les forages pour les PAC géothermiques.
- Un bilan énergétique de la copropriété est essentiel pour estimer les besoins en chauffage, l’espace disponible, et l’intérêt des copropriétaires, ainsi que pour vérifier l’isolation du bâtiment.
- Des aides financières comme MaPrimeRénov’ Copropriété, la Prime énergie, et l’éco PTZ copropriété sont disponibles pour réduire le coût de l’installation d’une PAC.
- Les PAC offrent des avantages économiques et environnementaux significatifs, mais peuvent être limitées par des contraintes techniques, notamment pour les grandes copropriétés ou les configurations complexes.
Selon le Ministère de la transition écologique, plus de la moitié des appartements en France (52%) utilisent du gaz naturel. Mais, face à l’augmentation des prix de l’énergie, ce poste de dépense pèse de plus en plus sur le budget des copropriétés. L’enjeu, à l’échelle collective autant qu’à l’échelle individuelle, reste donc de trouver une solution plus économique et plus durable. La pompe à chaleur répond à ces conditions, mais est-il d’y avoir recours dans une copropriété, pour soi, comme pour ses voisins ? Des démarches aux solutions techniques envisageables voici tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.
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Dans quel cas puis-je installer une PAC en copropriété ?
En France, l’INSEE estime qu’un peu moins de 20 % des immeubles disposent d’un chauffage collectif. Il existe donc deux cas de figure pour l’installation d’une pompe à chaleur en copropriété :
La pose d’une PAC individuelle dans les appartements d’un ou plusieurs résidents de l’immeuble concerné.
La pose d’une PAC pour alimenter le réseau de chauffage collectif de l’immeuble concerné.
Dans ce second cas de figure, le système de pompe à chaleur remplace dans la majorité des cas un système existant, le plus souvent une chaudière au fioul ou au gaz. Et, en se tournant vers la PAC, les copropriétaires génèrent des bénéfices économiques sur leur facture, tout en profitant d’une baisse considérable de leur impact carbone.
Pompe à chaleur collective : ce qu’il faut savoir
Techniquement, rien ne s’oppose à l’installation d’une pompe à chaleur dans un immeuble collectif. Les différentes gammes de PAC actuellement disponibles sur le marché peuvent s’adapter à de nombreuses configurations et fournir la puissance nécessaire à l’alimentation de plusieurs logements. Néanmoins, il faut bien réfléchir et évaluer son projet en amont. Voici quelques critères essentiels afin de faire le bon choix.
Quel type de PAC installer en copropriété ?
Il existe deux grands types de pompes à chaleur : la PAC aérothermique (air-eau et air-air) et la PAC géothermique (sol-sol et sol-eau). Chacune s’appuie sur une technologie spécifique dont le principe est immuable : puiser, dans un milieu extérieur, les calories qui vont alimenter le réseau de chauffage.
Les pompes à chaleur dites aérothermiques puisent les calories dans l’air ambiant. Grâce à un fluide caloriporteur, elles vont réchauffer l’air intérieur (ventilo-convecteurs) ou le réseau de chauffage du logement (radiateur, plancher chauffant). Les pompes à chaleur dites géothermiques vont quant à elles chercher ces fameuses calories dans le sol ou dans les nappes phréatiques pour les ramener vers le réseau de chauffage.
Ces appareils sont, en général, constitués de deux unités, placées à l’extérieur et à l’intérieur du logement. Dans le cas d’un module géothermique, un forage est nécessaire. Ces systèmes peuvent tous être installés dans un immeuble collectif, mais certaines contraintes techniques vont orienter naturellement votre choix.
Réaliser le bilan énergétique de sa copropriété
Avant de vous lancer, il faut d’abord étudier la configuration de votre copropriété afin de savoir s’il est pertinent ou non d’installer une PAC collective. Dans ces démarches, vous pouvez être accompagnés par un professionnel. Néanmoins, pour bien cerner les contours de votre projet, commencez par vous poser ces quatre questions :
Quels sont les besoins en chauffage de la copropriété ? Autrement dit, combien de résidents sont concernés et quel est leur profil énergétique ? Ces éléments vous permettent de mieux estimer la consommation de votre immeuble et de bien dimensionner votre PAC.
De quel espace dispose-t-on ? Pour installer une pompe à chaleur, il faut nécessairement des espaces dans les locaux techniques ou à l’extérieur, afin d’installer les différents blocs. Selon les sites dont vous disposez, en toiture, au sous-sol ou dans certaines parties communes (cour, parking, etc.), vous pourrez aussi choisir la bonne technologie.
Qui, dans la copropriété, est intéressé par cette solution ? Cette question vous permet de vous assurer que la majorité des résidents souhaite votre changement et donc, de valider votre dossier en Assemblée Générale.
Mon immeuble est-il bien isolé ? Les pompes à chaleur sont adaptées à une chaleur basse température et ont besoin d’une bonne conservation de la chaleur dans les pièces afin de délivrer des performances optimales. Parfois, il est d’abord nécessaire de réaliser des travaux d’isolation, avant de remplacer votre système de chauffage.
Bon à savoir
Ce bilan énergétique peut-être réalisé par un ou plusieurs copropriétaires, mandatés par le conseil syndical ou le syndic de copropriété qui se chargera de contacter, ensuite, les prestataires et de réaliser les démarches nécessaires.
Les démarches pour installer une PAC en copropriété
Une fois votre projet défini, faites réaliser le diagnostic de votre immeuble par un professionnel. Il pourra vous aider à affiner vos besoins et à choisir la solution technique la mieux adaptée à votre immeuble.
Selon le type de pompe à chaleur que vous aurez choisi, il faut ensuite :
Consulter le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune afin de vérifier la possibilité d’installer un module à l’extérieur de votre immeuble ou en toiture. Votre syndic de copropriété en a déjà peut-être connaissance : n’hésitez pas à le solliciter tout au long du processus.
Déposer une déclaration préalable de travaux auprès de la mairie de votre commune.
Pour une installation géothermique, vous devrez, en complément :
Réaliser une déclaration d’ouvrage souterrain sur la plateforme DUPLOS du Ministère de la Transition écologique(1).
Déposer une déclaration préalable auprès de la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) pour la mise en place de capteurs dans le sous-sol ou de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) pour l’installation de capteurs dans une nappe phréatique.
Les aides disponibles pour la copropriété
L’investissement dans une pompe à chaleur pour l’ensemble d’une copropriété constitue un budget conséquent qui va porter sur les charges de l’ensemble des résidents. Néanmoins, différentes aides sont disponibles pour financer les travaux de votre PAC en copropriété :
MaPrimeRénov’ Copropriété : cette prime d’État est disponible pour les propriétaires individuels comme pour les copropriétés. Elle permet d’obtenir une enveloppe couvrant jusqu’à 75 % du montant des travaux, avec un plafond de 25 000 euros par logement. Pour l’obtenir, il est nécessaire que la copropriété ait recours à une Aide à la Maîtrise d’Ouvrage (AMO), soit constituée de 75% de résidences principales, immatriculée au Registre National des Copropriétés (RNIC) et justifie d’une amélioration de la performance énergétique d’au moins 35 %.
La Prime énergie : ces aides délivrés par les fournisseurs d’énergie dans le cadre des Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) sont également accessibles aux copropriétés construites depuis plus de 2 ans.
Le Coup de pouce chauffage des bâtiments résidentiels et collectifs : ce dispositif vient bonifier la prime énergie pour les immeubles en copropriété qui souhaitent remplacer leur ancien système de chauffage au gaz ou au fioul.
L’éco PTZ copropriété : un prêt sans intérêt qui permet de financer le reste à charge pour la copropriété.
Avantages et inconvénients d’une PAC en copropriété
La pompe à chaleur constitue un investissement important et à long terme pour une copropriété. Il convient donc de bien en évaluer ses avantages et ses inconvénients avant d’engager les travaux.
Les avantages : un système de chauffage économique et durable
Une PAC est bien plus performante qu’une chaudière à gaz/fioul traditionnelle. De manière générale, elle permet de réduire sa consommation d’énergie jusqu’à 40 %. Dans une période de hausse constante des tarifs de l’énergie, ce gain est particulièrement intéressant. Enfin, parce qu’elle a recours à une ressource naturelle et offre des performances élevées, la pompe à chaleur permet de contribuer à la transition énergétique.
Les inconvénients : des solutions techniques restreintes
Selon la taille de votre copropriété, il peut être impossible d’installer un système d’une puissance suffisante. De manière générale, les PAC actuelles sont adaptées à des copropriétés petites à moyennes. Au-delà de 50 logements, installer une pompe à chaleur demeure encore difficile et peu rentable. Et, s’il est possible d’installer des PAC en cascade pour répondre à des besoins élevés en chauffage, cela nécessite de vérifier la compatibilité avec vos installations et une très bonne isolation.
À ces contraintes s'ajoute la nécessité de travaux pas toujours compatibles avec la configuration de l’immeuble. La PAC géothermique exige souvent des chantiers d’adaptation complexes et des autorisations afin de réaliser le forage nécessaire à la captation des calories en sous-sol. De son côté, la PAC aérothermique nécessite idéalement un espace en toiture et donc une perte d’espace commun disponible qu’il faut prendre en compte.
Pompe à chaleur individuelle en appartement : c’est aussi possible !
Si vous ne pouvez pas vous tourner vers une solution collective, il est également possible d’installer une pompe à chaleur dans votre appartement, au sein d’une copropriété. Dans ce cas, la PAC air-air est préconisée, voire une PAC air-eau dans certains cas. Pour être en conformité avec la loi, vérifiez toujours les contraintes urbanistiques de votre commune et demandez l’accord de votre copropriété, car, dans la majorité des cas, l’installation d’une PAC en appartement nécessite la pose d’un bloc extérieur.
Installer une PAC en copropriété : ce qu'il faut retenir
L’installation d’une pompe à chaleur en copropriété est légalement et techniquement possible, quel que soit le cas de figure : pour alimenter le réseau individuel de votre appartement, ou le chauffage collectif de l’immeuble.
La PAC est une solution efficace afin de remplacer un réseau de chauffage au gaz ou au fioul par une solution plus économique et durable pour l’ensemble des copropriétaires.
Une installation collective nécessite de valider, au préalable, plusieurs diagnostics : la faisabilité technique, la conformité avec les règles locales d’urbanisme et/ou de forage, ainsi que l’accord de la copropriété.
Des aides existent (MaPrimeRénov’, CEE, Éco PTZ, etc.) pour l’installation d’une PAC en copropriété comme pour une pose individuelle.
Les contraintes techniques constituent souvent un frein à l’installation d’une PAC pour un réseau de chauffage collectif en copropriété.
Combien coûte une pompe à chaleur en copropriété ?
Pour installer une pompe à chaleur dans votre appartement, le montant oscille, en moyenne, entre 5 000 et 11 000 Euros. Pour ce qui concerne le remplacement du chauffage collectif dans une copropriété, l’investissement reste un peu plus complexe à évaluer, car de nombreux paramètres (contraintes techniques, étude de faisabilité, etc.) vont impacter le budget des travaux. Dans tous les cas, vous pourrez bénéficier de subventions afin d’alléger votre investissement.
Existe-t-il des solutions alternatives à la PAC en copropriété ?
Pour des raisons techniques ou réglementaires, il n’est effectivement pas toujours possible de remplacer votre chauffage au fioul par une pompe à chaleur dans votre appartement ou votre immeuble. D’autres solutions existent, comme le chauffage électrique. À l’échelle collective, vous pouvez même installer des panneaux photovoltaïques afin de consommer l’électricité que vous produisez et ainsi réduire la facture énergétique de l’ensemble de la copropriété.
Quel type de PAC est le mieux adapté à un immeuble en copropriété ?
La meilleure solution est celle qui est adaptée à la configuration de votre immeuble ! Espace disponible, remplacement d’un chauffage collectif… Il existe autant de cas pour lesquels, le choix d’une technologie est plus intéressant qu’une autre. Afin de bien vous orienter, soyez donc vigilants à l’espace disponible en toiture ou au sous-sol, au nombre de logements concernés par le choix du mode de chauffage et aux possibilités techniques offertes par le réseau existant.