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Disjoncteur différentiel : à quoi sert-il et comment le choisir ?
Élément essentiel de votre tableau électrique, indispensable à votre sécurité, le disjoncteur différentiel reste pourtant parfois méconnu. On revient sur son rôle et son fonctionnement dans cet article !
Résumé de l'article
- Le disjoncteur différentiel est un dispositif de sécurité installé dans le tableau électrique qui coupe automatiquement le courant en cas de courant de fuite, afin de protéger les personnes contre le choc électrique.
- Il ne faut pas le confondre avec le disjoncteur classique (ou divisionnaire), qui protège uniquement contre les surcharges et courts-circuits sur un circuit électrique.
- Le seuil de déclenchement imposé dans l’habitat est de 30 mA, conformément à la norme NF C 15-100, pour garantir un haut niveau de sécurité de l’installation électrique.
- Il existe plusieurs types de différentiels (AC, A, F/HPI, B), à choisir selon les appareils électriques protégés : électroménager, équipements sensibles ou borne de recharge.
- Placé en tête de rangée, ce module d’appareillage modulaire limite aussi les risques d’incendie et facilite le diagnostic en cas de panne du différentiel.
En France, la norme NF C 15‑100 impose, dans les logements, la présence de disjoncteurs différentiels 30 mA pour protéger les occupants. Si vous envisagez de rénover votre installation, mieux connaître ce module, son rôle, son fonctionnement et ses différents types peut vous aider à faire le bon choix.
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Disjoncteur différentiel : de quoi parle-t-on ?
Au sens commun du terme, le disjoncteur différentiel désigne un dispositif de sécurité qui coupe automatiquement le courant lorsqu’il détecte une anomalie, le plus souvent une fuite de courant liée à un défaut d’isolement. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un interrupteur différentiel 30 mA qui sert avant tout à protéger les occupants contre les risques de choc électrique et peut aussi contribuer à limiter certains risques d’échauffement liés à un défaut électrique.
Concrètement, ce dispositif se trouve dans l’armoire électrique. Lorsqu’une fuite de courant apparaît sur un circuit (appareil défectueux, câble abîmé, humidité, contact accidentel avec une partie métallique…), il se déclenche et coupe l’alimentation pour éviter une situation dangereuse.
Au sens strict, il existe en réalité trois appareils distincts qui peuvent “faire sauter” le courant, mais pas pour les mêmes raisons :
L’interrupteur différentiel qui protège contre les fuites de courant, c’est le cas habituel.
Le disjoncteur différentiel est un “2‑en‑1” : il protège contre les fuites de courant et contre les surcharges ou courts‑circuits.
Le disjoncteur divisionnaire protège uniquement contre les surcharges et les courts‑circuits sur un seul circuit électrique.
Ils coupent tous le courant, mais pas pour les mêmes causes : c’est ce qui explique la confusion.
Où placer un différentiel dans le tableau électrique ?
Dans un tableau domestique, la protection différentielle 30 mA se place généralement en tête de chaque rangée, avant les disjoncteurs divisionnaires qui vont gérer les circuits individuels en aval.
Quelle différence avec un disjoncteur divisionnaire ?
Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit contre les surcharges et les courts-circuits. La protection différentielle (interrupteur ou disjoncteur différentiel) détecte les fuites de courant et coupe pour protéger les personnes. Un disjoncteur différentiel combine les deux fonctions, contrairement à l’interrupteur différentiel qui doit nécessairement être associé à des divisionnaires.
Comment fonctionne un disjoncteur différentiel ?
Un disjoncteur différentiel agit comme une balance : il compare en permanence le courant qui entre dans un circuit à celui qui en ressort. Il mesure la différence entre les deux, d’où son nom. Lorsque les valeurs sont équilibrées, le disjoncteur différentiel laisse circuler le courant.
En revanche, dès qu’il détecte une différence, il se déclenche et coupe automatiquement l’alimentation, quasi instantanément. La valeur indiquée en mA (généralement 30 mA) correspond au seuil de déclenchement.
À quoi sert un disjoncteur différentiel ?
Le disjoncteur différentiel a avant tout pour mission de protéger les personnes de tout choc électrique, qu’une fuite de courant pourrait provoquer.
Outre ce rôle de gardien, il contribue également :
à la détection des anomalies d’isolement (résistance abîmée, appareil défectueux, humidité dans une prise, etc.)
à la prévention des incendies : en interrompant le passage du courant, il limite en effet fortement le risque de chauffe d’un câble ou d’une zone endommagée, et donc de potentiels départs de feu.
à la continuité de service, en isolant uniquement la rangée concernée : vous évitez une coupure totale et pouvez cibler plus facilement l’origine du problème.
Pourquoi un différentiel peut-il sauter ?
Plusieurs éléments peuvent déclencher le disjoncteur différentiel :
appareil défectueux,
câble ou résistance abîmés,
humidité dans une prise
surcharge ponctuelle,
branchement endommagé,
défaut d’isolement d’un circuit, etc.
Quels sont les différents types de disjoncteurs différentiels ?
Tous les disjoncteurs différentiels n’offrent pas le même niveau de protection et varient selon les appareils reliés au circuit.
Voici les principaux types que l’on retrouve dans les installations domestiques :
Type AC : modèle le plus courant, il protège contre les défauts de courant alternatif, typiques des appareils simples (éclairage, prises classiques, petits équipements ménagers…)
Type A : modèle recommandé dans les installations modernes, il protège contre les défauts de courant alternatif et continu redressé. À défaut, il est indispensable pour protéger les rangées abritant les disjoncteurs divisionnaires dédiés au lave-linge, aux plaques de cuisson, a une borne de recharge d’appoint, à des dispositifs à variateur…
Type F / HPI / HI : modèle recommandé pour protéger le matériel sensible aux coupures (congélateur, matériel informatique, systèmes domotiques) : plus immunisé, il évite les déclenchements intempestifs.
Type B : plus rare dans l’habitat domestique, ils sont utilisés sur certains équipements susceptibles de générer du courant continu de défaut. On pourra en voir sur certaines bornes de recharge pour véhicule électrique par exemple.
Précision importante : comme vu plus haut, dans le langage courant, on mélange plusieurs éléments sous le terme “disjoncteur différentiel”, mais ces types (AC/A/F/B) désignent surtout le type de protection différentielle 30 mA du tableau.
Quelles sont les normes à respecter ?
En France, toute installation électrique domestique doit respecter la norme NF C 15-100.
Pour les disjoncteurs différentiels, cette dernière exige que chaque rangée du tableau électrique soit protégée par un disjoncteur différentiel de sensibilité 30 mA, qui permet de détecter très rapidement une fuite de courant et d’éviter les risques d’électrocution.
En outre, les circuits dédiés aux appareils puissants (four, plaques, lave-linge…), doivent chacun disposer d’un disjoncteur divisionnaire et être placés sous un différentiel adapté au type de courant généré.
Enfin, la norme NF C 15-100 précise des “volumes de sécurité” qui déterminent là où il est possible d’installer appareils et prises. Ces zones sont particulièrement strictes dans les salles de bains ou les cuisines, où la proximité de l’eau et d’électroménager nécessite une vigilance particulière.
Quelles obligations dans une rénovation ou une extension électrique ?
Vous réalisez une rénovation partielle ou totale de votre installation ? Cette dernière devra donc se conformer aux dernières exigences de la norme NF C 15-100. Vous devrez peut-être changer de tableau, ajouter ou modifier les disjoncteurs différentiels 30 mA, protéger et créer des circuits dédiés pour les appareils sensibles…
Le disjoncteur différentiel : ce qu'il faut retenir
Placé en tête de rangée dans le tableau électrique, le disjoncteur différentiel protège l’ensemble des appareils situés en dessous, en coupant le courant dès qu’une fuite est détectée.
Avant tout dédiée à la protection des personnes, il évite les risques d’électrocution. Il ne faut pas les confondre avec les disjoncteurs divisionnaires qui protègent contre les surcharges et les courts-circuits.
Il limite également les risques d’incendie, une fuite de courant pouvant faire chauffer un câble ou un appareil défectueux.
Il existe plusieurs types (AC, A, F/HPI/HI, B), répondant aux besoins spécifiques des appareils qu’il protège.
Il est obligatoire en 30 mA : cette sensibilité est imposée pour garantir un niveau de sécurité maximal dans l’habitat.
Puis-je installer un disjoncteur différentiel moi-même ?
Même si l’installation est accessible à un bricoleur expérimenté, gardez en tête que la norme NF C 15-100 impose un haut niveau de technicité. Mieux vaut confier l’installation à un professionnel qualifié pour garantir la sécurité et la conformité de votre installation électrique.
Puis-je mélanger plusieurs types de différentiels dans un même tableau ?
Oui, c’est même recommandé ! Choisissez des disjoncteurs de type A pour l’électroménager, type F/HPI pour les appareils sensibles et de type B pour les installations IRVE.
Combien de disjoncteurs différentiels faut-il dans un tableau électrique ?
Pour être conforme, votre installation doit compter un différentiel par rangée. En général, une habitation comporte entre 2 et 4 différentiels.