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Gaz naturel liquéfié : comprendre le GNL, de la production à votre logement

Rédigé par ENGIE

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Le gaz naturel liquéfié (GNL) représente environ 40 % de l'approvisionnement en gaz de l'Europe en 2026, contre 19 % en 2021 (source : Commission européenne). Refroidi à -162 °C pour réduire son volume 600 fois, le GNL est transporté par méthanier depuis les pays producteurs (États-Unis, Qatar, Algérie) jusqu'aux terminaux français. Mais quel est le lien entre ce GNL et le gaz qui arrive chez vous ? Suivez le guide pour tout comprendre.

Résumé de l'article

  • Le GNL est du gaz naturel refroidi à -162 °C qui occupe 600 fois moins de volume, rendant le commerce international du gaz viable.
  •  La France reçoit son GNL principalement des États-Unis, d'Algérie et du Qatar via quatre terminaux côtiers.
  • Le GNL représente ~40 % de l'approvisionnement en gaz de l'Europe en 2026 (Commission européenne).
  • Sa composition : 90 %+ de méthane, le même gaz que celui distribué par réseau.

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Qu'est-ce que le gaz naturel liquéfié (GNL) ?

Du gaz naturel refroidi à -162 °C

Le gaz naturel liquéfié, ou GNL, est du gaz naturel refroidi à une température de -162 °C. À cette température, le gaz se transforme en liquide. Cette liquéfaction réduit son volume de 600 fois, rendant le transport par bateau techniquement et économiquement viable.

Sans cette transformation, transporter du gaz naturel gazeux sur de longues distances par voie maritime serait impossible. C'est précisément cette réduction de volume qui a ouvert le marché mondial du gaz naturel au commerce international. 

Composition du GNL : méthane, éthane et traces

Le GNL contient plus de 90 % de méthane (CH₄), le composant principal du gaz naturel distribué par réseau dans votre logement. On y trouve également de l'éthane (5 à 10 %) et des traces d'autres hydrocarbures (propane, butane).

C'est cette composition quasi-identique qui permet au GNL, une fois regazéifié, d'être injecté directement dans les réseaux de distribution existants. Aucune modification de vos installations n'est nécessaire.

Comment est produit et transporté le GNL ?

La liquéfaction : du gisement au terminal d'exportation

La chaîne de production du GNL comporte trois étapes majeures. D'abord, l'extraction : le gaz naturel est prélevé dans des gisements situés principalement aux États-Unis, au Qatar, en Algérie et en Russie.

Ensuite, le transport par pipeline achemine ce gaz aux usines de liquéfaction côtières. Enfin, la liquéfaction proprement dite : le gaz passe par une succession d'étapes de refroidissement et de compression jusqu'à atteindre -162 °C. À ce stade, il devient liquide et peut être stocké dans des réservoirs spécialisés. 

Le transport par méthaniers

Le GNL liquide est chargé à bord de navires spécialisés appelés méthaniers. Ces navires disposent de réservoirs thermiquement isolés pour maintenir le GNL à -162 °C durant la traversée

Les méthaniers modernes transportent entre 120 000 et 270 000 m³ de GNL par voyage. Ils sont équipés de systèmes de réfrigération et de gestion de pression sophistiqués pour garantir la sécurité du transport.

La regazéification : du terminal au réseau de distribution 

À l'arrivée dans les terminaux méthaniers français, le GNL subit une dernière transformation : la regazéification. Le GNL passe dans des échangeurs thermiques qui le réchauffent progressivement jusqu'à retrouver son état gazeux.

Ce gaz est alors injecté dans les réseaux de transport et de distribution régionaux, exactement comme s'il provenait d'un gisement terrestre. Vous, en tant que consommateur, ne percevez aucune différence sur la qualité du gaz livré quel que soit l’offre de gaz que vous avez souscrit auprès de votre fournisseur.

Le GNL en France : terminaux et approvisionnement

Les 4 terminaux méthaniers français

La France dispose de quatre terminaux méthaniers opérationnels, stratégiquement implantés sur le littoral. Ces infrastructures sont essentielles à la sécurité de l'approvisionnement gazier du pays.

 

 

Terminal

 

 

 

 

Localisation

 

 

 

 

Capacité annuelle

 

 

 

 

Opérateur 

 

 

 

 

Montoir-de-Bretagne

 

 

 

 

Loire-Atlantique

 

 

 

 

10 Gm³

 

 

 

 

Elengy 

 

 

 

 

Fos-Cavaou

 

 

 

 

Bouches-du-Rhône

 

 

 

 

8,25 Gm³

 

 

 

 

Fosmax LNG 

 

 

 

 

Fos-Tonkin

 

 

 

 

Bouches-du-Rhône

 

 

 

 

3,5 Gm³

 

 

 

 

Elengy 

 

 

 

 

Dunkerque LNG

 

 

 

 

Nord

 

 

 

 

13 Gm³

 

 

 

 

Dunkerque LNG 

 

 

D'où vient le GNL importé en France ?

L'approvisionnement en GNL de la France provient de sources géographiques diversifiées. Cette pluralité est intentionnelle : elle sécurise l'approvisionnement énergétique du pays en cas de perturbation chez un fournisseur.

Les États-Unis représentent la première source (~40 % des importations), suivis de l'Algérie (~15 %) et du Qatar (~10 %). Le reste provient de Russie, du Nigeria et d'autres pays producteurs. Depuis 2022, la CRE encourage activement la diversification des sources pour renforcer la résilience énergétique européenne.

Bon à savoir

Le TURPE (Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité) est distinct du coût de l'acheminement du gaz. Pour le gaz, c'est l'ATRT (Accès des Tiers au Réseau de Transport) qui s'applique. Ce tarif est identique quel que soit votre fournisseur, il est fixé par la CRE.

GNL vs gaz naturel classique : quelles différences ?

Même molécule, transport différent

Le gaz naturel classique (distribué par réseau terrestre) et le GNL sont chimiquement identiques : tous deux contiennent plus de 90 % de méthane. L'unique différence réside dans le mode de transport.

Le gaz classique transite par des pipelines depuis les gisements, tandis que le GNL est liquéfié pour voyager par bateau, puis regazéifié avant distribution. Du point de vue du consommateur, le gaz qui arrive chez vous est strictement le même, qu'il provienne d'un pipeline ou d'un méthanier. 

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Le GNL : une solution de flexibilité pour le réseau

L'intérêt majeur du GNL réside dans sa flexibilité. Contrairement aux pipelines qui demandent des années de construction et un investissement massif, le GNL permet une adaptation rapide aux besoins d'approvisionnement.

En cas de crise ou de rareté, comme observé en 2022, les terminaux peuvent augmenter les regazéifications ou réacheminer des stocks rapidement. C'est un amortisseur stratégique qui stabilise les marchés de l'énergie et protège les consommateurs contre les fluctuations brutales de prix.

Le GNL est-il une énergie d'avenir ?

Un rôle de transition vers les énergies renouvelables

Le GNL joue un rôle de combustible de transition. Moins émetteur de CO₂ que le charbon (30 à 50 % en moins) ou le pétrole (25 % en moins), il constitue un pont vers un mix énergétique plus vert (source : ADEME).

Cependant, le gaz reste un combustible fossile. Il contribue au changement climatique, même si c'est dans une moindre mesure que les autres hydrocarbures. La France et l'Europe s'engagent progressivement vers les énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie) et les gaz décarbonés. 

Le bio-GNL : une piste en développement

Face à l'urgence climatique, la recherche s'intéresse au bio-GNL, produit à partir de matières organiques (déchets agricoles, effluents) via la méthanisation. Le bio-GNL offre un bilan carbone quasi-neutre, car le CO₂ émis lors de sa combustion est compensé par celui absorbé lors de la croissance des végétaux.

Bien que techniquement démontré, le bio-GNL représente actuellement moins de 1 % des approvisionnements. Son développement à grande échelle dépendra des investissements publics et privés ainsi que des cadres réglementaires européens.

Quelle est la différence entre le gaz naturel et le GNL ?

Le GNL et le gaz naturel sont la même molécule (méthane à 90 %+). La seule différence est l'état physique : le GNL est refroidi à -162 °C sous forme liquide pour faciliter le transport maritime. Une fois arrivé en France, il est regazéifié et injecté dans le réseau de distribution sous forme gazeuse, identique au gaz naturel classique.

Le GNL est-il dangereux ?

Le GNL n'est ni toxique ni corrosif. À l'état liquide, il n'est pas explosif. Le risque principal est lié à sa température extrêmement basse (-162 °C) qui peut provoquer des brûlures cryogéniques. Les terminaux méthaniers français sont soumis à la réglementation Seveso et font l'objet de contrôles stricts par la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement).

Où arrive le GNL en France ?

La France dispose de 4 terminaux méthaniers : Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), Fos-Cavaou et Fos-Tonkin (Bouches-du-Rhône), et Dunkerque (Nord). Ensemble, ils permettent de recevoir environ 30 milliards de m³ de gaz par an, soit plus de la moitié de la consommation nationale.

Le GNL est-il polluant ?

Le GNL émet du CO₂ lors de sa combustion, mais 30 à 50 % de moins que le charbon et 25 % de moins que le pétrole (source : ADEME). Le transport par méthanier consomme également de l'énergie. Le GNL est considéré comme une énergie de transition : moins polluante que les autres fossiles, mais pas neutre en carbone.

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