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Biocarburant : la solution en vogue pour rouler écolo ?

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Lorsque vous prenez de l’essence, on vous propose du SP95-E10. Vous êtes-vous déjà demandé ce que signifie le « E10 » ? Et bien, cela veut dire que votre carburant contient jusqu’à 10 % de bioéthanol. Autrement dit, un biocarburant ! Mais est-ce que le fait que ce soit « bio », c’est forcément mieux pour la planète ? Démêlons le vrai du faux.

 

En France, notre consommation de biocarburants représente moins de 5 % de notre production agricole(1)  

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Le biocarburant, qu’est-ce c’est ?

Non, ce n’est pas un carburant vendu dans votre petite épicerie bio ! Il s’agit d’une alternative renouvelable à nos carburants fossiles habituels (essence et diesel). Elle est produite à partir de la biomasse. En clair, le biocarburant est issu de la transformation de matières organiques végétales ou animales. Alors, quand on vous dit que les betteraves, le maïs, le colza, le blé ou les pommes de terre peuvent faire rouler votre voiture, ce n’est pas si saugrenu…

Aujourd’hui, il est cependant très rare (voire impossible) d’utiliser exclusivement des biocarburants dans nos véhicules. Ils sont pour l’instant incorporés comme additifs dans les carburants classiques d’origine pétrolière. Il existe ainsi :

  • Des biocarburants « essence » : l’éthanol, l’ETBE (ou éthyl tertio butyl éther) et les bioessences de synthèse
  • Des biocarburants « diesel » : les EMAG (ou esters méthyliques d’acides gras) et les biogazoles de synthèse
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A la pompe, ça donne quoi ?

Vous roulez à l’essence ? Concrètement, vous trouverez du biocarburant dans :

  • Les sans plomb SP95 et SP98 qui contiennent 5 % d’éthanol
  • Le SP95-E10 qui inclut 10 % d’éthanol (plus de 90 % des véhicules sont compatibles avec ce carburant mais vérifiez quand même sur le manuel de votre constructeur auto !)
  • Le superéthanol E85 qui contient de 65 à 85 % d’éthanol (attention, ce biocarburant est destiné à des voitures dédiées : les Flex Fuel)

Vous avez une voiture diesel ? Dans ce cas, pas de prise de tête, l’ensemble des carburants proposés en station-service contiennent jusqu’à 7 % de biocarburant, voire 8 % en France(2).

Biocarburants de génération en génération

En matière de biocarburants, il n’existe pas (encore) de génération Y ou Z. Mais il est toutefois possible de recenser 3 générations :

  • Les biocarburants 1ère génération : ils sont produits soit à partir de produits agricoles (betterave, canne à sucre, maïs, blé, pomme de terre…) pour l’éthanol, soit à partir d’huiles végétales (colza, tournesol, palme, soja…) ou de graisses animales pour les biodiesels.
  • Les biocarburants 2e génération sont issus de la biomasse « lignocellulosique » ou, plus simplement, du bois et de la paille.
  • Les biocarburants 3e génération utilisent la biomasse aquatique (algues ou micro-algues).

Les 2e et 3e générations sont aussi appelées « biocarburants avancés ». Ils sont actuellement en cours de développement. Ce sont donc, pour l’instant, des biocarburants 1ère génération que nous trouvons en station.

Les biocarburants sont-ils réellement propres ?

Au départ, l’ajout de biocarburant dans l’essence ou le diesel répond à des objectifs environnementaux : réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport, limiter notre consommation de pétrole et valoriser nos déchets. Cependant, les biocarburants 1ère génération font actuellement débat :

  • Ils ne seraient pas forcément synonymes de « carburants zéro émission » : selon une étude de la Commission européenne reprise par l’ONG Transport et Environnement(3), l’éthanol permettrait bien de réduire de 0,5 % les émissions de CO2. En revanche, le biodiesel émettrait 4 % de gaz à effet de serre en plus par rapport au diesel classique.
  • Les produits agricoles ou les huiles végétales utilisées pour fabriquer les biocarburants sont des ressources limitées.
  • Il y a un risque de concurrence avec l’alimentaire : les céréales utilisées pour produire des biocarburants représentent autant de denrées en moins pour les populations.

L’enjeu est donc de développer les biocarburants de 2e et 3e génération dont le bilan énergétique et environnemental semble plus favorable. Créés à partir de ressources que nous ne mangeons pas (bois, paille, algues…), ils permettraient aussi d’éviter la concurrence avec l’alimentaire. Ces biocarburants avancés pourraient donc constituer une solution écologique pour les transports. L’avenir nous le dira…

Et le biométhane dans tout ça ?
Les biocarburants peuvent se présenter sous forme liquide (comme ceux présentés plus haut), mais aussi sous forme gazeuse ! C’est le cas du biométhane, produit à partir de déchets organiques, qui peut être utilisé comme carburant.

(1) Source : ministère de la Transition écologique et solidaire, « Biocarburants », 2016

Directive 2015/1513 dite « CASI » (Changement d’Affectation des Sols Indirect)

(2) Source : ministère de la Transition écologique et solidaire, « Biocarburants », 2016

(3) Etude de la Commission européenne reprise par l’ONG européenne Transport et Environnement, « Biodiesel’s impact: emissions of an extra 12m cars on our roads, latest figures show », 2016